Revenu des intermittents du spectacle : un « statut » qui fait débat


Le régime des intermittents du spectacle est-il plus avantageux que le régime général ? Pas si sûr ! Selon un rapport parlementaire du 17 avril 2013, cette situation est peut-être bénéfique pour les plus riches, mais en même temps, d’autres souffrent d’une précarité importante.

En effet, le rapport démontre que les intermittents du spectacle gagnent en moyenne 2322 € par mois, soit 2590 € pour un technicien et 2020 € pour un artiste. Concrètement, cette somme englobe le salaire et l’indemnité perçue auprès de l’assurance chômage. Un intermittent touche donc 1,805 € par mois, contre 1,123 € pour un chômeur du régime général.

Or, ce montant approximatif est variant. L’allocation versée est de 954 € par mois (s’il travaille tous les mois) et au maximum de 4,188 € par mois. Par conséquent, même si certains intermittents gagnent bien leur vie, d’aucuns ne sont pas aussi veinards.

Le nombre croissant d’intermittents et la précarité

 

Selon une étude réalisée par le ministère de la Culture, le nombre a grimpé de 40 000 à 123 000 entre 1987 et 2006. Cette augmentation est due à la diversité et à la hausse des professions. Ainsi, de nombreux emplois (costumiers, éclairagistes, édition musicale, production de spectacles) ont été créés pour répondre à cette demande croissante.

L’ascension fulgurante des intermittents, engagés sous CDD, a engendré une hausse de la précarité dans le milieu de l’audiovisuel et du spectacle. Voilà pourquoi, les contrats CDI ont chuté considérablement. Actuellement, un intermittent peut effectuer en moyenne 16 contrats par an, alors que le chiffre était à 5 seulement il y a vingt ans.

En outre, nous faisons face à un nombre d’intermittents plus grand que le volume de travail. C’est ce qui explique le nombre de chômeurs parmi les intermittents ; ils travaillent 67 jours par an contre 103 notés auparavant.

« La fragmentation du travail en contrats de plus en plus courts va de pair avec leur dispersion sur un nombre de plus en plus élevé de salariés, qui accumulent chacun moins de jours de travail, auprès d’un nombre croissant d’employeurs, qui allouent chacun des quantités de travail de plus en plus faibles », explique Pierre-Michel Menger, sociologue.

Le rapport, lui, affirme que ce système a créé « une fragilisation accrue de la situation des individus en termes de volume de travail et de rémunération ».


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